Le patrimoine arboré du canton de Genève est particulièrement riche et diversifié, avec 10% du territoire cantonal occupé par des forêts, un taux de canopée d’environ 23% en zone urbaine ou encore quelque 1'565 espèces et variétés représentées.
Ces écosystèmes, et particulièrement les vieux arbres, indispensables à la fonctionnalité de la biodiversité locale, offrent habitat et nourriture à la faune indigène, et structurent le paysage. Ils dispensent également une large palette de services écosystémiques indispensables tels que de l'ombrage et de la fraîcheur, des espaces de loisirs, la production de ressources naturelles pour l'énergie et la construction ou encore une protection contre les dangers naturels.
Il est aujourd’hui indispensable de renforcer les capacités d’adaptation de ce type de milieu, en améliorant les connaissances permettant d’anticiper les conséquences des changements climatiques sur le patrimoine arboré, mais surtout en soutenant la diversification des structures, des formes, des essences et des provenances et en s'appuyant au maximum sur la diversité indigène, les dynamiques de croissance et les évolutions naturelles, sur l'expérimentation et sur l'observation. Ainsi, importer des essences exotiques est une prise de risque importante, alors que nous ne maîtrisons pas l'évolution de ces espèces, ni le risque d’importations d'organismes pathogènes ou envahissants, ou encore le fait qu'ils ne soient pas adaptés aux besoins des espèces locales.
Améliorer la capacité de rétention de l'eau en forêt (forêt éponge) permet d'une part de limiter les pics de crues lors des phénomènes orageux extrêmes et d'autre part, d'alimenter les sols, de régénérer le complexe humique et de participer à l'alimentation des nappes en eau, améliorant ainsi la résilience des forêts face aux sécheresses et aux chaleurs extrêmes et réduisant le risque d’incendie.
S'agissant des arbres hors forêts, en particulier situés dans des contextes très urbanisés, la qualité du sol, mais aussi la disponibilité en eau sont deux des principaux facteurs permettant de renforcer la capacité de développement et la durabilité de la végétation arborée. La mise en œuvre de la stratégie cantonale d'arborisation, adoptée le 8 mai 2024 par le Conseil d'Etat et soutenue par un crédit de 204 millions de francs, fixe à ce titre un cadre ambitieux avec comme objectif d'atteindre 30% de surface ombragée par des arbres pour l'ensemble de l'air urbaine d'ici 2070, avec un minimum de 10% dans les périmètres les moins favorables. Le Triptyque «Eau-Sol-Arbre» est appelé également à jouer un rôle fondamental. Le renforcement de l'arborisation, en s'appuyant prioritairement sur des espèces indigènes ou de proximité, participera de surcroît à la mise en réseau des milieux naturels et à la fonctionnalité de la trame verte.
En outre, les arbres possèdent des capacités de séquestration et de stockage du carbone. Ils participent ainsi activement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (au vu des faibles surfaces en présence, l'impact doit toutefois être relativisé sans être négligé).