Le secteur de la construction est responsable de 17% des émissions de GES du canton de Genève. La grande majorité de ces émissions provient de la production des matériaux de construction. Il est donc nécessaire, dans les nouvelles constructions et dans la rénovation des bâtiments, d’utiliser des matériaux et des technologies permettant d’abaisser le niveau de ces émissions, ainsi que de préserver les ressources.
C’est dans cette optique que le Grand Conseil a modifié, le 10 décembre 2021, la loi sur les constructions et les installations diverses (LCI). Désormais, toute construction ou rénovation importante devra être conçue et réalisée à base de matériaux propres à minimiser son empreinte carbone. Pour cela, les projets devront privilégier, dans la mesure du possible, le réemploi des matériaux de construction existants et à défaut, les matériaux de construction recyclés ou à faible empreinte carbone.
Des programmes précurseurs sont déjà en place depuis plusieurs années, comme par exemple le programme ECOMATGE, dont l’objectif est d’améliorer le flux des matériaux de construction et de favoriser l’utilisation de matériaux recyclés ou le dispositif THQMAT pour promouvoir l'utilisation de matériaux sains. Ces démarches seront également soutenues par l’implémentation des premières actions issues du Plan d’actions pour un Grand Genève Circulaire (Pact’Matière), dont l'un des domaines stratégiques est justement le secteur de la construction.
La décarbonation du secteur de la construction touche aussi le développement et l'exploitation des infrastructures de transports. Ainsi, pour atteindre les objectifs cantonaux de réduction des émissions de GES, il s’agira dans un premier temps de réaliser un diagnostic des GES à l'aide d'un outil dédié permettant d’évaluer les phases de construction, d'aménagement et d'exploitation. Dans un deuxième temps, il faudra évaluer au regard des pratiques actuelles les possibilités de changements afin de diminuer les émissions de GES tout en garantissant une qualité technique et une mise en œuvre répondant aux normes en vigueur pour assurer la pérennité des réalisations.
Enfin, dans la phase de planification, le choix des formes urbaines et des matériaux de construction devra considérer l'impact des changements climatiques et la lutte contre les îlots de chaleur. En effet, le bâti contribue généralement à l’augmentation de la surchauffe urbaine, notamment à travers l’absorption, la rétention de la chaleur et la réflexion des radiations solaires. Il convient donc dorénavant que les nouvelles constructions et les projets de rénovations minimisent leur concours à cette surchauffe. Par ailleurs, dans l’optique d’assurer un confort thermique acceptable également à l’intérieur des bâtiments sans pour autant avoir recours à des appareils de climatisation énergivores et émetteurs de GES, il est crucial de promouvoir une architecture bioclimatique anticipant des solutions bas carbone et poursuivre, dans les années à venir, le développement des réseaux hydro-thermiques (FAD1 et CAD/FAD2).